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Rencontre avec Alain Juppé

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DNA - vendredi 27 mai 2016

Pas de longs discours, mais des réponses concrètes apportées aux questions des entrepreneurs… la CCI sud Alsace Mulhouse avait souhaité une formule dynamique pour cette rencontre avec Alain Juppé.
Un petit comité d’entrepreneurs s’est donc retrouvé face à Alain Juppé et un vrai temps de questions-réponses a pu s’installer.

La formule était réussie, dans une ambiance très décomplexée. Le ton était d’ailleurs donné d’emblée par le président de la CCI, Gilbert Stimpflin, regrettant que les chefs d’entreprises soient si impopulaires en France « alors qu’au Québec et en Allemagne, les patrons sont considérés comme des héros». «Mais l’entrepreneur alsacien est avant tout dynamique, il continuera à se battre pour sa région et pour la France», a-t-il assuré.


Revenir au plein-emploi

L’occasion était donnée à Alain Juppé de rebondir sur ces propos : « Nous avons deux points communs, les politiques sont aussi des mal aimés. Deuxième point, moi non plus, je ne baisserai pas les bras. »

Et Alain Juppé de réaffirmer devant les chefs d’entreprise que son premier objectif était le plein-emploi (5 à 6 % de chômage). « Ce plein-emploi existe en Allemagne. En France on dit qu’on a tout essayé. Sauf qu’on n’a pas essayé ce qui marche ailleurs. » Alain Juppé pourfend ces deux idées fausses : le partage du travail car c’est une vision statique de l’emploi. La multiplication des emplois aidés à coup de subvention.


« Seules les entreprises compétitives seront pourvoyeuses d’emploi ».

Première question d’un chef d’entreprise à Alain Juppé : comment faire avec l’administration qui est le premier frein de l’entreprise, comment la remettre au service du public ?

Réponse : simplifier les normes, en « faisant remonter les idées du terrain, par le biais d’une plate-forme collaborative avec les entreprises et les administrations. Reprendre l'administration en main, avec
des ministres stables qui seront les vrais patrons de leur administration


Travailler plus dans l'Administration

Question sur l’adaptation des horaires dans le bâtiment et sur l’apprentissage. Réponse : « il faut rapatrier la négociation dans l’entreprise. La surenchère actuelle de la CGT, dans sa tentative pour survivre, est inacceptable. Je veux redonner une place et une force au dialogue social. La négociation sur le temps de travail se passera dans l’entreprise, s’il n’y a pas d’accord, on retourne aux 39 heures » Petite pique vers les fonctionnaires « il faut les faire travailler plus, ils font 15 jours de moins que le privé avec des horaires de 32-33 heures ».

Fessenheim : une décision purement idéologique

Quant à l’apprentissage... pour Alain Juppé, il faut lancer un plan « pour faire sauter les verrous, culturels auprès des familles, et dans l’éducation nationale, revoir les contrats d’apprentissage, peut-être en allongeant la période d’essai à six mois…»

Sur le sujet de Fessenheim : Alain Juppé estime « qu’il n’y a aucune raison économique et technologique de fermer la centrale. C’est une décision purement idéologique. Il faut tenir bon ».
Mais il propose également de développer un mixte énergétique dans la perspective d’un monde de demain qui sera bouleversé par les nouvelles technologies numériques.

Un contrat avec les collectivités

Question encore : où trouverez-vous les marges de manoeuvre nécessaires tout en diminuant l’endettement de la France ? Alain Juppé projette de diminuer le nombre de fonctionnaires (moins 250 000 postes). Au niveau des collectivités locales, il promet une visibilité de 4 ou 5 ans sur leurs dotations « si les économies sont faites ». Enfin, sur la retraite, il veut décaler progressivement l’âge du départ à 65 ans. 

Quant au chômage, il défend la dégressivité des allocations. Par contre, sur le sujet de la déréglementation des métiers, il assure qu’il ne croit pas à l’absence de règles. « Les qualifications professionnelles doivent être maintenues ».

Bien sûr, l’assistance s’est interrogée sur les risques de blocage par certains citoyens ou syndicalistes devant un tel programme. Alain Juppé l’a assuré: « Je dis la vérité avant l’élection, les Français choisiront. Certaines réformes se feront sur 5 ans, comme une loi sur la fiscalité. Il n’y aura pas de bricolage ni de lois rétroactives. Les ordonnances seront prêtes. Je serai prêt à agir vite.»


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